ThéÂtre d’expression française

 

 

 

Au théâtre ce soir :  «La Conférence des Oiseaux», mise en scène Alain PLISSON.

 

L’association de l’Ordre national du Mérite français au Liban a présenté samedi dernier 30 avril 2011, au théâtre Tournesol, un magnifique spectacle digne des Mille et une nuits …

 

Devant un parterre d’environ 250 personnes invitées, composé en majorité d’enseignants et élèves d’établissements d’enseignement français de la région de Beyrouth et présidé par l’attaché culturel Monsieur Joseph Vallano, Alain Plisson revivifie le poème soufi du poète iranien Farid Al-Din Attar (v. 1140-v. 1230), La Conférence des oiseaux, (Mantiq at-Tayr). 

 

Ce  recueil de poèmes médiévaux, dont l’adaptation revient à Peter Brook (lauréat des Molières 2011 avec un Molière d’honneur), est une allégorie constituée d'environ 4 500 distiques (un distique étant une strophe de deux vers). C’est avec ces mots que l’auteur s’adresse au lecteur : « Chercheur de vérité, ne prends pas cet ouvrage pour le songe éthéré d’un imaginatif. Seul le souci d’amour a conduit ma main droite (…). »

 

L’histoire parle d’un cheikh ou maître soufi conduisant ses élèves à l'illumination par le  biais de trente oiseaux pèlerins qui se réunissent et constatent qu’ils n’ont pas de responsable ! Ils se laissent conduire par la Huppe,  messagère d'amour dans le Coran, à la recherche de leur oiseau-roi,  Simurgh, (ou Simorg), symbole de dieu dans la tradition mystique persane.

 

Le texte relate le voyage dangereux, les hésitations et les incertitudes des oiseaux. Chaque oiseau symbolise un comportement ou un défaut : le rossignol symbolise l'amant, le perroquet, à la recherche de la fontaine de l'immortalité et non pas de Dieu, l’opportunisme, le paon les "âmes perdues" faisant alliance avec Satan, etc..

 

Pour trouver Simurgh, les oiseaux doivent traverser sept vallées : talab"(la recherche, la demande), Ishq (l’amour), Ma'refat (la connaissance), Isteghnâ (le détachement ou se suffire à soi-même), Tawhid (l'unicité de Dieu), Hayrat (la stupéfaction), Faqr et Fana (la pauvreté et l'anéantissement).

 

Après avoir parcouru ces vallées, les trente survivants connaissent l'ultime révélation : le Simorg est leur propre essence, se trouvant jusqu'alors enfouie au plus profond d'eux-mêmes. Comme les oiseaux réalisent cette vérité, ils doivent ensuite se rendre à la Station de Baqa (de subsistance) qui se situe au sommet de la montagne Qaf. À la fin de leur quête, ils découvrent leur moi profond (jeu de mots sur Simorgh signifiant également « 30 oiseaux »).

 

Ce célèbre récit initiatique, entrecoupé de contes, d'anecdotes et de paroles de saints et de fous demeure à jamais l'un des joyaux de la spiritualité musulmane.

L’illustration au début de la page est de Habib Allah.

Soirée théâtre
© 2011